J’ai toujours appelé Malnuit : Mèze, à la Communale, au Collège de Saint-Marcellin, aux Beaux Arts, dans la rue, dans les bistrots. Il ne m’a jamais appelé que Bacaze, pas de Pierre et pas de Michel. Avec Servolle et Blanco hispanophiles en diable, on a commencé à dire Mazio avec des dérapages vers Massepoint, Masseport, Mastic, Mizouik ou Masboule suivant l’humeur et le moment. Et c'était bien.

bieredemeze002La traversée du riant et ostréicole chef-lieu de canton de l’Hérault a toujours été pour moi une putain de poilante. La succession de panneaux, panonceaux, enseignes et flèches : Mèze-Pneus, Mèze-Pizza, Mèze-Mise en forme, Mèze-Carburants, Mèze-Football-Club, Mèze-Coiffure, Mèze-Ravalement, Mèze-Karaté, dans des typographies délirantes, m’a toujours embué les yeux de rire ne pensant à la gueule que ferait Mèze devant ces déclinaisons saugrenues voire humiliantes de son nom.

Mais mon sang n’a fait qu’un tour quand j’ai lu dans un bar “BIÈRE DE MÉZE”.

Là, ils y allaient un peu fort les Héraultais. Pas croyable. Les plaisanteries les plus courtes sont les moins longues. Ils auraient pu me demander mon avis. Je suis l’être vivant qui a bu le plus grand nombre de bières avec Mèze. Je vous aurais fait un dessin pour vos étiquettes, gratos même, pour marquer le coup.

Un jean-foutre désœuvré a décidé de brasser de la bière à Mèze, comme ça, pour se moquer, pour faire chier le monde.

Dépité et réjoui, je suis allé, seul, boire une mousse chez Tintin, un petit bar de pêcheurs poivrots et fumeurs, à deux pas du petit monticule à l’entrée du port où les méticuleux jardiniers municipaux ont inscrit en fleurs de pensées aux couleurs vulgaires Mèze en lettre de deux mètres de haut.

 

Bacaze